Synopsis

Enserrés dans le carcan des règles de la mondialisation libérale, ligotés par l’approche d’échéances électorales, les Etats-Nations peinent à réformer leurs pays respectifs. Ils semblent avoir perdu tout réel pouvoir. En conséquence, les élections démocratiques paraissent perdre leur légitimité : à quoi bon voter pour des partis qui ne peuvent rien pour nous ? D’où une tendance au repli des électeurs vers des mouvements populistes et nationalistes.

Si ces Etats ont perdu le contrôle de leur propre territoire, comment pourraient-ils affronter des problèmes d’envergure planétaire ? La coopération internationale a atteint ses limites et le temps nous manque pour éviter une catastrophe écologique majeure. En conséquence, c’est le concept d’Etat-Nation qui semble dépassé. Pour aborder des enjeux mondiaux, il faut se doter d’un cadre décisionnel démocratique planétaire : la Fédération Universelle.

Ni de gauche, ni de droite, la Fédération Universelle est le cadre politique nous permettant de reprendre notre destin en main. Si vous rangez ce livre dans votre bibliothèque après l’avoir seulement parcouru, il n’aura pas atteint son objectif. Il représente un argumentaire de mobilisation et un instrument de combat.

Points de vente : Sauramps Le Triangle et Amazon

mardi 15 avril 2014

Article paru en avril 2014 dans la revue "Cultures et sociétés"

C’est à une réflexion exigeante que nous convie Gilles Fabre dans ce livre mesuré et honnête. Dressant le bilan de la crise actuelle - ravages de l’ ultra-libéralisme, déculturation et montée de l’insignifiance -, ce passionné d’éducation observe la société actuelle avec une grande acuité.

Comment un jeune parviendra-t-il à s’épanouir dans un environnement dévasté par l’individualisme et la perte des repères ?

Qui sera vraiment capable d’affronter les enjeux du monde de demain ?

Ni les politiques ni la société de l’écran tout-puissant ne semblent en mesure d’apporter des réponses : « Nous vivons à la fois dans un monde nécessitant d’urgence une vision à long terme de l’avenir de notre planète, et dans un monde où les symboles de réussite sont la richesse, la futilité et la bêtise » (p.91)

Confronté à la carence des Etats-Nations, Gilles Fabre se réfère d'abord au nouveau sentiment communautaire émergeant sur internet, comme on a pu le voir pour Attac ou le Parti Pirate en Europe du Nord. Il se prononce, ensuite, en faveur de la création d’ « un Etat hors-sol », la « Fédération Universelle » qui s’attaquera « aux problèmes dépassant les compétences des Etats-Nations et permettra aux citoyens de reprendre leur destin en main »

On le voit, la question de l’avenir est au cœur de ce singulier livre dépourvu d’ idéologie ; l'auteur ne s'y limite pas à fournir des clés de compréhension nécessaires à la prise de conscience des problèmes ( « Nous devons redonner aux jeunes une chance de s’épanouir dans l’action collective, l’altruisme et le don de soi » , p. 92.) Après avoir cerné la réalité, Gilles Fabre propose une stratégie pour faire émerger la nouvelle « fédération universelle ». Sa démonstration rigoureuse s'accompagne d'une kyrielle de pistes et de jalons pratiques. La lire, c’est assister, en direct, à l’éclosion d’un projet de vie libre pour les hommes et les femmes de demain.

dimanche 6 avril 2014

Article paru le 23 mars 2014 dans "L'Hérault du jour"

Auteur : Thierry Arcaix

Titre : Gilles FABRE et la fin des Etats-Nations

Sous-titre : Si les hommes politiques ne sont pas capables de contrôler le système économique, ils ne sont pas non plus capables d'agir face aux défis planétaires. Rencontre.

Né en 1971 à Montpellier, titulaire d'un DEA d'algèbre et d'un CAPES de mathématiques, Gilles Fabre commence sa vie professionnelle dans l'enseignement. D'abord professeur en lycée et collège, il se rend vite compte "qu'il n'est pas fait pour ça". Il monte alors sa propre entreprise, Pythagore France, vouée au soutien scolaire et à la formation continue. Et depuis vingt ans, ça marche. Il offre ses services à la France entière, recrutant les professeurs et les envoyant à domicile, pour du soutien scolaire allant du CP à l'Université. En formation continue, au travers du DIF (Droit Individuel à la Formation), Pythagore France perfectionne par exemple les travailleurs du BTP en français, lecture et écriture, initie le public à l'informatique, mais aussi, dans le cadre des marchés publics, va jusqu'à perfectionner les militaires en anglais. Tout aurait pu en rester là, si notre chef d'entreprise ne s'était alors mis à penser. Explications.
Politiquement, Gilles Fabre se présente comme un féru d'écologie, de décroissance et de toutes les théories défendues par la gauche radicale. Sans adhérer pourtant à aucun des partis qui auraient pu l'accueillir, il va se lancer dans l'écriture d'un petit livre qui va lui permettre de construire ce qu'il nomme "une utopie pragmatique". Un intéressant ouvrage qui prend en quelque sorte tout le monde à contre-pied, surtout en cette période électorale : "La fin des Etats-Nations". "Une fin programmée", nous explique-t-il, "par le fait que l'action politique a perdu pied face à l'économie". Il constate que "les décideurs ne sont plus en capacité d'agir, que c'est l'économie qui dicte ses règles à la politique et non l'inverse". Gilles Fabre est persuadé qu'aucun autre choix ne sera possible tant qu'on restera dans le système actuel. Il fait donc naturellement le lien entre cette absence de pouvoir politique et les problèmes globaux tels que le réchauffement climatique, ou la diminution de la biodiversité.
Le pouvoir n'est plus là
"Je suis convaincu", martèle Gilles Fabre, "que si les hommes politiques ne sont pas capables de contrôler le système économique, ils ne sont pas non plus capables d'agir efficacement face aux défis planétaires". Notre interlocuteur tient donc ici la preuve que les Etats-Nations ne sont plus l'échelle pertinente pour une bonne gouvernance mondiale. Et il argumente : "S'il y a de plus en plus d'abstention, c'est que les gens sentent bien que le pouvoir n'est plus là. Ils se sont aperçus qu'ils pouvaient élire n'importe quel candidat sans que le système global ne change". Gilles Fabre tient à préciser qu'il combat l'abstention, qu'il différencie la droite et la gauche, même s'il sait que les grandes lignes ne bougeront pas. Mais alors que faire ? Gilles Fabre ne désarme pas : "On peut agir à condition de réfléchir à la mise en place d'outils politiques globaux, à l'échelle planétaire. Je pense à cette conscience collective mondiale, qui s'est déjà organisée grâce à l'Internet". Il faut y voir, selon notre auteur, la face positive de la mondialisation, qui permet de discuter d'un bout à l'autre de la planète. "Grâce, entre autres, aux réseaux sociaux, continue-t-il, les points de vue se rapprochent et l'action politique peut bien se passer de frontières, faisant apparaître les problèmes communs, les ennemis communs". 
Construire un gouvernement mondial
On en arrive donc au sous-titre de ce livre, qui est "construire la Fédération Universelle", qui est un gouvernement mondial élu au suffrage universel. "Nous avons à notre disposition les moyens de communication adaptés et on ne peut attendre des gouvernements qu'ils cherchent à former une fédération mondiale". C'est donc à partir d'un "Etat hors-sol", absolument pas défini par des frontières, mais par des valeurs communes que Gilles Fabre voit l'avenir de la planète, selon ses propres mots.
"La communauté mondiale doit donc s'attacher à régler les problèmes planétaires, tels l'exploitation des ressources, les transports, l'agriculture et l'élevage" continue Gilles Fabre. Il faudra définir un ensemble de lois, un code des droits et des devoirs, qui certes, pourront entrer en conflit avec les pratiques actuelles, nous dit-il. Ce serait alors ainsi l'aventure de la démocratie, seule manière de valider les choix, de les redéfinir, de les adapter et de corriger les dérives. Ce serait ainsi, selon l'auteur, la manière de reprendre en mains un destin qui nous a échappé, d'éviter une catastrophe majeure. Avec ses nombreuses pistes d'actions pratiques, ce livre montpelliérain, pédagogique, remarquablement écrit, apporte incontestablement une certaine fraîcheur dans le large et parfois hermétique domaine des sciences politiques.
Interview réalisée à Radio Campus le 31 mars 2014

Vous trouverez ici le podcast de cette interview :

http://www.mixcloud.com/gillesfabre34/interview-la-fin-des-etats-nations-sur-radio-campus-le-31-03-14/
Article paru dans "C le mag" de février 2014

Auteur : Guillaume DUMAZER

Plus qu'un simple "l'union fait la force", ce livre pointe assez logiquement l'impossibilité pour les Etats (l'ONU ne suffit pas), de lutter contre des problèmes globaux, puisqu'ils se concentrent par définition sur des sujets nationaux sans jamais passer le cap du supranational. Mais dans ce cas quelle est leur utilité dans la course contre la destruction de l'environnement par exemple ?
C'est l'exemple de Stéphane HESSEL et son "Indignez-vous". AGIR, donc, que préconise l'auteur, quitte à passer pour un utopiste. D'après G. FABRE, ce livre "est à la fois un outil de réflexion, un argumentaire de mobilisation et un instrument de combat". Rien que ça. Mais pourquoi pas après tout ? C'est toujours ça de pris si quelques lecteurs sont motivés à sa lecture, marre des moutons dociles, d'autant qu'ici on ne parle au nom d'aucun parti corrompu (pléonasme ?) ! Cette Fédération - très optimiste et volontaire - est donc à réfléchir car jamais essayée avant, mais "tant que la spirale de la surconsommation perdurera, rien ne viendra freiner la destruction de la planète".
Limiter entre autres le capital transmissible à ses héritiers et ainsi éviter la concentration gigantesque d'argent et de richesses sans réel mérite serait une solution pour réduire l'effarante inégalité entre maxi-riches et très pauvres. Mais remettre ce genre de choses en question semble une véritable déclaration de guerre, fût-elle philosophique, contre un mode de vie qui dévore coeurs et consciences depuis au moins le XIXème siècle.
"Personne ne peut être exclu a priori de ce projet du fait de sa fonction ou de sa classe sociale", alors pourquoi ne pas s'impliquer si vous y adhérez ?